Physique et Métaphysique :  

Contes, légendes et poèmes soufis.

Symbolisme des images rencontrées sur les chemins de la Vouivre...


Chapitre VII

De l’ambiguïté des témoignages
 
à la Toute Compréhension du Père-Fils
 
« Mais toi, tu les surpasseras tous !
Car tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle ! »
 
Evangile de Judas.
 
Le sens de Pâque demande compréhension et force…, surtout en ce temps de la Terre. « Les Heures s’inscrivent parmi les plus “extrêmes” pour la Terre, en quelque sorte “l’Extremis” le plus profond, dont Jésus nous indique et la Force et la Douleur, mais aussi et surtout, la Voie Libératrice dans sa Passion...
Que les gens de la Terre ne l’oublient pas
sans quoi la Pâque n’est plus la Pâque (le Passage)
et le Tombeau n’est pas exempt du cadavre.
[1] »
Au Mont des Oliviers, alors que le Christ se retire pour prier, les apôtres, eux, n’ont pas la force de veiller et de prier :
« Il se sépare d’eux, à un jet de pierre.
Il plie genoux et prie pour dire :
“Père, si tu le veux, éloigne cette coupe loin de moi.
Pourtant, non pas mon vouloir, mais le tien !”
Un messager lui apparaît du ciel et le réconforte.
Il entre en agonie et prie plus ardemment.
Sa sueur devient comme des gouttes de sang tombant à terre.
Il se lève de la prière, il vient vers ses adeptes et les trouve assoupis de tristesse. » (Luc 22, 41-45)
Les disciples s’endorment tandis que le Rabbi veille et prie. Comment peuvent-ils rapporter ses paroles alors qu’il est “à un jet de pierre”, alors qu’ils ne l’entendent pas ? Ne donnent-ils pas leur interprétation, au niveau de leur compréhension, allant dans le sens de leurs limitations ?
Le Rabbi atteste, cité par l’Instructeur du Verseur d’Eau :
« Je suis venu dans le monde
Je me suis tenu parmi eux et
Je leur suis apparu dans la chair
Je les ai trouvés tous ivres
Je n’ai trouvé parmi eux personne qui ait soif
et mon Âme a souffert pour les Fils des hommes.
[2] »
 
Matyah, Marcos et Loucas rendent compte de la même façon du baiser de Iehouda à Iéshoua‘, au matin, lors de son arrestation :
« Il s’approche de Iéshoua‘ pour l’embrasser. Mais Iéshoua‘ lui dit :
“Iehouda, d’un baiser, tu livres le fils de l’homme
[3] !” » (Luc 22, 47-48)
Dans la traduction de l’Evangile de Jean par André Chouraqui, on ne trouve, au chapitre 18, ni le mot “trahison”, ni le mot “baiser” ! « “N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ? Et l’un de vous est un diable.” Il le dit de Iéhouda bèn Shim ‘ôn, l’homme de Quériot, qui allait le livrer, l’un des Douze. » (Jean 6, 70-71)
Est-il si sûr que ce soit Iehouda de Quériot, l’Iscariote, dont il s’agit ? Petros n’allait-il pas renier trois fois son Maître avant que le coq ne chantât ?
L’Evangile de Judas présente ce dernier comme le seul véritable disciple qui ne le trahit que sur sa demande !
« Mais toi, tu les surpasseras tous ! Car tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle !
[4] »
Ce manuscrit copte donne sa version de l’arrestation de Jésus qui eut lieu lorsque les grands prêtres entrèrent dans la salle commune où a lieu la prière et non au Mont des Oliviers :
« Ils s’approchèrent de Judas et lui demandèrent :
“Que fais-tu ici, toi, le disciple de Jésus ?”
Judas leur donna la réponse qu’ils souhaitaient.
Et il reçut de l’argent et le leur livra.
[5] »
L’Evangile de Judas évoque sa transfiguration. Il dit que Iehouda reçut de l’argent des grands prêtres. Il ne dit rien de sa mort.
Les apôtres diffèrent sur cet événement. Pour les uns, Iehouda se serait pendu dans le Champ du Potier. Les Actes des Apôtres disent : « Or, il a acheté un domaine avec le salaire de l’injustice, puis, tête en avant il est tombé, il a craqué par le milieu ; toutes ses entrailles se sont répandues. » (Actes 1, 18)
Matyah parle de son remords :
« Pris de remords, il [Judas] rapporte les trente sicles d’argent (…)
Les chefs des desservants prennent les pièces d’argent et disent :
“Il n’est pas licite de les jeter dans la caisse du Qorbân, - le trésor du sanctuaire - puisque c’est le prix du sang.” » (Matthieu 27, 3-6).
Ils achètent avec le prix du sang le Champ du Potier, selon ce qu’aurait prédit le prophète Jérémie, nous dit Matthieu. En fait la référence est celle du prophète Zacharie : « Et ils pèsent mon salaire : trente pièces d’argent ! IHVH Adonaï me dit : “Jette au trésor le prix splendide auquel ils m’ont prisé” ! » (Zacharie 11, 12-13)
Les 30 pièces d’argent, salaire de cette soi-disant trahison s’éclairent par la signification de 30, Lamed, par le Kabbaliste. La Tradition, nous dit-il, « ajoute que le mouvement du 300 cosmique projeté dans le monde des contingences est ce mouvement-même réalisé : c’est le ? (Lamed) = 30. En lui, la conscience se sépare de ses représentations et s’identifie de nouveau à elles et s’en sépare encore et y revient et, sans cesse renouvelée, s’étonne de ce qui est toujours neuf. Ainsi la création se constate elle-même.
[6] » 
Iehouda sera remplacé par un Matyah inconnu, tiré au sort dont on ne dit plus rien par la suite ! (Actes 1, 26)
Précédemment déjà, l’Evangile de Jean accuse Iehouda, celui des douze qui tient la bourse commune, d’être un voleur lorsqu’il proteste pour le parfum gâché par Miriâm de Magdala qui le répand aux pieds du Maître !
« “Pourquoi ne pas vendre ce parfum trois cent deniers, pour les donner aux pauvres ?” Il dit cela non par souci des pauvres, mais parce qu’il est voleur. Il tient la bourse et soutire ce qu’ils y jettent. » (Jean 12, 5-6)
Mais aucune preuve n’établit cette présomption ! Il s’agit encore de décrypter justement ce 300.
Le Jeu cosmique passant nécessairement par le dualisme, ce qui est déterminé doit mourir pour naître à l’indéterminé, le temporel pour que naisse l’intemporel, le fini pour se dissoudre dans l’Infini.
C’est “l’Equation de la Vie totale à Elle-même” qui est à résoudre. Et tant que cela n’est pas Accompli, tous les humains sont “Satan” en quelque sorte, obstacles à la Vie, dia-ble coupant l’Unité en deux !
Elle se résout par l’Homme Glorieux, Conscient, qui « ne tue pas Satan [la dualité en lui] mais l’avale, le digère, l’intégre à sa propre lumière : le conscient lumineux élève à lui l’obscur tréfonds et l’éclaire.
[7] »
 
Qu’en est-il du reniement de Petros qui se repent ensuite et met tout son zèle maladroit à mettre les humains sur des fausses pistes ? Les successeurs de Pierre, fidèles à son image, ne cessèrent aussi de trahir, et se repentent actuellement, souvent du bout des lèvres !
Qu’en est-il de ce que Petros qualifie de “trahison”, du comportement de Iehouda ? S’il n’avait pas livré Iéshoua‘, l’événement de la crucifixion et de la résurrection n’aurait pas eu lieu. Il fallait que son corps de chair soit livré aux ténèbres, puisque les ténèbres n’ont pas reçu la Lumière. C’est le Rabbi lui-même qui a demandé à Iehouda d’agir comme il le fit ! Le drame cosmique est mis en place par le Maître d’Œuvre.
L’Evangile de Judas fait apparaître une différence fondamentale entre la représentation qu’ont les apôtres de leur Dieu et ce qu’est Dieu pour Iéshoua‘. Lorsqu’ils affirment : « “Maître, toi […], tu es le fils de notre Dieu”. Jésus leur dit : “Que connaissez-vous de moi ? En vérité je vous le dis, nulle génération de ceux qui sont parmi vous ne me connaîtra. Lorsque ses disciples entendirent cela, ils se fâchèrent, s’empo[rtèrent] contre lui dans leur cœur (…) “Que celui d’entre-vous qui est suffisamment fort parmi les êtres humains fasse surgir l’homme parfait et vienne se tenir devant ma face.”
[8] » Seul Iehouda osa se lever : « Il fut capable de se tenir devant lui, m[ais] il ne put le regarder dans les yeux, et il détourna son visage. Judas lui dit : “Je sais qui tu es et d’où tu es venu. Tu es [is]su du Royaume immortel de Barbèlô. Et le nom de qui t’a envoyé, je ne suis pas digne de le prononcer.”[9] » Ce qui revient à dire, que Iéshoua‘ « vient du divin Royaume d’en haut et qu’il est le fils du Dieu suprême.[10] »
Iéshoua‘ le prend alors à part pour lui enseigner ce qui sera considéré comme l’enseignement d’une secte gnostique. « Sépare-toi des autres et je te dirai les mystères du Royaume.
[11] »
“Il faut que le scandale arrive, écrit la Bible, mais malheur à celui par qui il arrive” ! Si un crucifié de plus ou de moins à cette époque n’a guère d’importance, le scandale des scandales est la résurrection ! Le Rabbi aurait pu être pris sans qu’il soit livré par Iehouda ! Souvent il a échappé à ses détracteurs car le temps n’était pas venu.
Une sorte de haine se cristallise sur la personne de Iehouda, comme sur le peuple juif
[12] qualifié longtemps de déicide.
Le Rabbi connaît chacun de ceux qui le suivent. Dans l’Evangile de Judas, Il commente la vision allégorique que les apôtres auraient eu du Temple et leur dit que ce sont eux dont il s’agit lorsqu’il parle de ceux qui fourvoieront des générations humaines : « Et ils ont planté des arbres sans fruits, en mon nom, de manière honteuse (..) Et les bêtes que vous avez vues, qu’on menait au sacrifice, ce sont ceux que vous fourvoyez devant cet autel-là
[13]. »
Il sait qu’il aura bien du mal à les convaincre qu’il est Vivant après sa sortie du tombeau ! Il sonde les reins et les cœurs. Il savait ce que ferait Shim ôn, et lui avait d’ailleurs prédit son triple reniement. Il connaissait Iehouda avec qui il travaillait dans le secret, comme il connaissait Jean et les autres et voyait certains en tête-à-tête.
“La seule guerre sainte, dira le Prophète, c’est la guerre à l’intérieur de soi”. Mais l’Eglise, dans sa hiérarchie, ne mènera pas toujours cette guerre-là. Elle mènera souvent la guerre extérieure, brûlant sorcières et hérétiques, ainsi que leurs écrits ; et même les plus saints d’entre les siens, comme la béguine Marguerite Porete
[14]. Quelque zèle que mirent les successeurs de Pierre à brûler les écrits qu’ils jugeaient hérétiques, notre époque a vu réapparaître certains d’entre eux. L'existence de l'Evangile de Judas a été attestée dès 180 après J.-C., par saint Irénée dans son Traité contre les hérésies. Le second évêque de Lyon, la capitale des Gaules, dénonce cet écrit en l’attribuant à un groupe gnostique. Il lutta contre ce qu’il appela les hérésies des gnostiques qui détenaient, prétendaient-ils, la connaissance permettant de dépasser l’existence matérielle, et des valentiniens qui prônaient l’image d’un Père inconnaissable.
Les gnostiques affirment : « Je suis au monde, mais je ne suis pas de ce monde », et de ce point de vue, le monde et l'existence dans le monde apparaissent comme un mélange de deux natures et de deux contraires et inconciliables. Le gnostique sera celui qui retrouvera son moi véritable et qui prendra conscience de la condition glorieuse, divine qui est la sienne de toute éternité.
Le « démiurge » qui est le créateur d’un monde illusoire, maintient l’homme dans la dualité et la séparativité. Il est de fait la représentation imagée du mental humain faisant obstacle au Divin et qui a engendré le monde de la contre-nature. Le langage emprunté à l’époque est rempli d’images que nous devons transposer dans la mentalité actuelle.
Le monde illusoire est la contrefaçon du monde réel. Pour les gnostiques, l’humain doit retrouver son esprit « virginal » afin d’être parfait
[15]. Leurs enseignements méritent d’être considérés.
Les premiers siècles du christianisme furent d’une vitalité extraordinaire qui produisit maints écrits ; il n’y avait aucun monolithisme. Est-ce pour accréditer l’affirmation de Petros vis-à-vis de Iehouda que l’Eglise a voulu les éradiquer ? Les copistes, une fois ces écrits condamnés, cessèrent de le transcrire.
Selon cet Evangile, Iehouda va contribuer, à sa demande, à libérer l'esprit de Iéshoua‘ en l'aidant à sacrifier son enveloppe charnelle pour renverser le processus de dégradation de l’énergie afin que se produise le retour à la Source. Naître à ce multiple unitif, à cette unité du multiple jusque-là inconcevable à l’esprit humain divisé contre lui-même ? L’entropie ne peut tout engloutir, la spirale redevient ascensionnelle et de nouveaux niveaux de conscience se doivent d’émerger. Un cycle s’achève qui doit permettre de passer du psychologique au Réel.
Iehouda joue son rôle d’ouverture, chargé en secret d’une tâche terrible. Ce “fils de perdition” que l’on dit damné, joue son rôle dans le drame cosmique. Il pénètre au cœur du processus de dégradation de l’énergie. « La Passion de Jésus n'est qu'un écran : cette Passion est celle de Iehouda. En vérité, ce retour n'est pas celui du Rabbi : ce que nous vivons aujourd'hui, comme premier retour, c'est celui de Judas. L'agent actif de la pénétration de la vie cosmique en nous.
[16] »
Iéshoua‘ resta en terre deux jours et ressuscita à l'aube du troisième jour. Ses plus proches ne comprennent pratiquement rien à l’événement, au témoignage qu’il donne du fait que l’humain n’a pas à s’identifier à son corps physique programmé dès la naissance pour la mortalité. Ce corps est habité par une conscience, une âme, un principe essentiel qui, enrichi de l’expérience vécue au cours des incarnations successives dans la matière, fait retour à son Origine.
L’apôtre Paulos (Paul), après la mort et la résurrection du Christ, a vécu son Chemin de Damas ; il va, toute sa vie, en témoigner, mais il n’a pas suivi les Enseignements du Rabbi. Il est pris en tenaille par la nécessité absolue de s’affranchir de la loi pour être un Vivant et ses désirs et ses peurs, son conditionnement rabbinique, sa mémoire cellulaire. « Dans la pensée rabbinique, la mort entre dans le monde par le péché - soit par “le péché d'Adam” (provenant de la lecture erronée du Fruit défendu), soit par les péchés personnels. Bien que le Talmud (Shab., 55b.) donne une liste d'individus morts sans péché, la tradition s'en tient à l'Ecclésiaste (VII, 20) : Non, il n'y a sur la terre point d'homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais.
Cela revient à dire ceci : tout homme est pécheur, donc tout homme est mortel. Dans les temps bibliques, on pensait, certes, que quelque chose de vague survit, mais la vie était donnée par le “Souffle” (Gen. II, 7) : Yahweh Elohim forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. Quant au siège de la vie, il a toujours, dans la Bible, été le sang. Il est vrai que la doctrine rabbinique enseigne qu'un jour, prudemment indéterminé, les corps des morts se lèveront de leurs tombes.
[17] »
Pour Paulos, comme pour tout un chacun, la chenille a beaucoup de mal à devenir papillon ! Il va transmettre à toutes les Eglises qu’il fonde, avec le meilleur de lui-même, le pire aussi, sa notion du péché ! Paulos parle d’Elohîm « Lui qui n’a pas épargné son propre fils. » (Romains 8, 32) Il parle du « messie Iéshoua’, celui qui est mort, et plus encore, qui s’est réveillé. C’est lui qui est à la droite d’Elohîm, c’est lui qui intercède pour nous. » (Rom. 8, 34) Il met en place cette notion de “Fils de Dieu” qui scandalisera tant les musulmans, car Allah n’est ni engendré ni engendreur, par la voie matricielle s’entend. Cette notion d’intercession fait que l’humain, racheté par le sang du Christ, reste passif, à la surface de lui-même. Et pis encore, que cette notion de péché  engendre la culpabilité et la séparativité alors que c’est à chacun d’être responsable ! Pourtant, dans l’Evangile de Jean, Iéshoua‘ dit explicitement « Alors vous saurez que Je Suis
[18] » (8, 28)
Il faut aller avec Intelligence jusqu’au tréfonds d’une compréhension essentielle :
« “Moi et mon Père nous sommes Un”, a dit Jésus. Même sens dans le Qôran : “Comme il a créé Adam sans père ni mère, il a créé Jésus sans père”. C’est ici l’Œuvre d’Engendrement, et bien entendu, il ne s’agit pas du père matriciel.
[19] »
Ne faut-il pas se méfier des mots et des images qui voilent le Verbe ? « Les noms qui sont donnés aux choses du monde renferment une grande illusion, car ils détournent la pensée de ce qui est réel vers ce qui n’est pas réel, et celui qui entend le nom Dieu ne saisit pas ce qui est réel mais ce qui n’est pas réel. De même dans le “Père” et le “Fils” et l’“Esprit Saint” et la “Vie” et la “Lumière” et la “Résurrection” et l’“Eglise”, et tous les autres on ne perçoit pas ce qui est réel, on perçoit ce qui n’est pas réel, à moins d’avoir appris ce qui est réel. » (Philippe v. 8a)
L’Enseignement suivant peut permettre d’éviter toute méprise : « Le Père-Fils à la Source du Créé avant même les générations humaines (le parental humain) est tout autre que le père fils matriciel. Il s’agit là
r du Père en tant que Créateur (le Père Céleste) non singularisé masculin-féminin, et non du père matriciel,
r et du Fils l’Engendreur non singularisé masculin-féminin et non du fils matriciel.
C’est le Père dont parle Jésus lorsqu’il dit : Nul ne peut aller au Père sans passer par moi, le Fils, l’aspect engendreur du Père. Père-Fils, une seule Personne en deux aspects, d’où naîtront tous les enfants de la Terre par la voie de la génération : pères-mères-fils-filles-frères-sœurs… etc. “les germains de la Matière” (= nés de son germe)
[20] »
Pour cela, voir, à travers l’humain dans sa conscience limitée, la conscience incommensurable qui l’investit de la Vie. « La Vérité est unique, mais en même temps elle est multiple pour que nous puissions, par amour, enseigner cet Unique grâce à sa multiplicité. » (Philippe v. 9c)
En tant que langue vernaculaire, l’hébreu se fonde sur un code alphanumérique qui lui est bien antérieur. Dans ce cadre, à chaque auth (prétendue “lettre”) servant à composer un mot est associé un nombre (considéré sous son aspect qualitatif et non pas quantitatif). Ainsi aleph : a est inséparable de 1 et veth (ou Beth) : v (ou !) indissociable de 2. « L’Hébreu s’écrivant de droite à gauche. Va, en Hébreu (prononcer Av), codé 2.1 veut dire “père”, l’Unité et la dualité, le Créateur et son Aspect Engendreur. L’infinité des choix possibles des éléments de la création s’écrit ben, le fils, qui commence par la valeur 2. L’assemblage des deux engendre le vocable pierre [even], sur laquelle le Jésus mythique a bâti son Eglise. Il en résulte que pour édifier un univers, autrement dit l’assemblée des êtres et des choses, il faut et il suffit que la Source originelle unique manifeste l’infinité de Ses possibilités. A condition, toutefois, que les lois de la dualité dynamique 2 soient respectées.
[21] »
« Le “père” « (en fait un démiurge) est à la fois l’invariant Essentiel (Dieu dans les mythes) et le Diable (au sens étymologique du terme), le séparateur nécessaire dans l’univers manifesté.
[22] »
 « Bien entendu "dieu et diable" sont "co-émergents" de la "vérité relative"....et donc leur existence aussi est toute relative!...ce monde duel est celui de "l'après sortie d'Eden", de "l'après brisure" disent certains, là l'existence est "naissance-mort" ...
...UN autre mode d'existence, celui du UN précisément, (l'AVANT BRISURE), la VOIE de ce UN qui "toujours tout précède" n'a pas de nom, les a tous, (le TAO si l'on veut), EST dans "L'Avant sortie d'Eden"....le "Lieu sans Mort"!.... ce lieu nous n'en sommes JAMAIS sorti!...mais un voile opaque semble nous rendre amnésique quant à cette Réalité...
[23] »
 « Le Rabbi savait cependant que ses paroles tombaient et tombent encore dans une incompréhension généralisée, car le temps d'une mutation n'était pas venu. Ses paroles ne sont, au mieux, que des traces inversées de vérités, creux pour pleins semblables à des traces de pas sur le sable. Mais le seuil de la mutation apparaissait déjà.
[24] »
L’Homme Parfait est Un avec le Tout et avec chaque “partie” de ce tout qui ne contient aucune partie, étant le multiple-un ! Un avec le Père, le Ciel Père, la Conscience universelle, Un avec la Terre Mère, la Materia Prima, Un avec le monde d’entre les humains, Un avec le pain et le vin qui nourrissent sa chair et son sang…
L’ère du Verseau (vers-saut !) voit les prémisses d’une mutation se mettre en place. Il appartient à chacun de faire le saut… Pour entrer véritablement en comme-union comme l’évoque la Cène :
« Communion Divine qu’il ne faut jamais interrompre.
… Prenez et mangez, ceci est Mon Corps,
… Prenez et buvez, ceci est Mon Sang.
Méditez sur les Paroles de Jésus, sur cette Communion des Esprits Purifiés, méditez et comprenez en ceci TOUT LE MIRACLE DE LA RESURRECTION (…)
Soyez Prêts à le Recevoir, car celui qui le suivra, cette fois partira avec Lui vers le Monde de Lumière.
[25] »
 
 
Idées forces :
 
- Le Jeu cosmique passe nécessairement par le dualisme, mais ce qui est déterminé doit mourir pour renaître à l’indéterminé.
- L’Evangile de Judas donne un autre éclairage sur l’Enseignement de Jésus.
- Paul n’a pas été disciple de Jésus ; il est pris en tenaille entre la nécessité absolue de s’affranchir de la loi et son conditionnement rabbinique.
- Le Père en tant que Créateur est non singularisé masculin-féminin, et le Fils, l’Engendreur non plus.
- « Le Père-Fils [est] à la Source du Créé avant même les générations humaines… »
- Le Christ connaissait l’incompréhension généralisée qui accueillait ses paroles et son témoignage.
 

 
 
[1] Les Chevaliers d’Aujourd’hui, les Chevaliers de Demain, op. cit., p. 143.
[2] Idem, p. 23, en note.
[3] Le Fils de l’Homme : « Ben Adâm », mal traduit, comme il a été dit par Carlo Suarès.
[4] L’Evangile de Judas, op. cit., p. 59. Ou “qui me sert d’habit” (note du traducteur).
[5] Idem., p. 61.
[6] La Kabale des Kabales, op. cit., chap. « Le shème suivant est ELOHIM ».
[7] Henri Gougaud, Les Animaux Magiques de notre Univers. La Vie des Bêtes, Solar, 1973, pp. 104-106, cité dans La Vouivre, un symbole universel, op. cit., p. 54.
[8] L’Evangile de Judas, op. cit., pp. 30-32.
[9] Ibidem, p. 32-33.
[10] Idem, p. 32, note 3.
[11] Idem, p. 33.
[12] Le mot Juif est une « réfection au XIIIe siècle d’après le féminin juive, du masculin juieu, du latin judaeus, du grec ioudaios, littéralement, membre de la tribu de Juda, un des douze fils de Jacob. Ce nom ayant été étendu à l’ensemble du peuple. Dictionnaire Etymologique du Français, Jacqueline Picoche, Dictionnaires Le Robert, 1992. Judas est donc membre de la tribu de Juda et le plus authentiquement “juif” !
[13] Idem, p. 38.
[14] Voir : Le Miroir des âmes simples et anéanties, Albin Michel, 1984.
[15] D’après Kinthia Appavou : http://vivrevouivre.over-blog.com/article-l-arbre-de-la-connaissance-du-bien-et-du-mal-60761529.html
[16] Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, op. cit., pp. 67-68. Voir Le Mythe judéo-chrétien, par C. Suarès, Ed. Le Cercle du Livre, et la Bible restituée, par C. Suarès, Ed. du Mont Blanc.
[17] Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, op. cit., p. 41.
[18] Cité par Nicolas de Cues, Le Principe, in Trois traités sur la docte ignorance et la coïncidence des opposés, Cerf, 2007, p ;147. La traduction de A. Chouraki est « alors vous saurez que moi je suis. »
[19] Platon le Karuna, Le Livre précieux de la Vie et de la Mort, Les Editions de la Promesse, 2006, p.51.
[20] Idem.
[21] Jack Dupré, correspondance.
[22] Idem.
[23] Philippe Laurent, correspondance.
[24] Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, op. cit., p. 43.
[25] L’Instruction du Verseur d’Eau, op. cit., p. 105.





 
 
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