Physique et Métaphysique :  

Contes, légendes et poèmes soufis.

Symbolisme des images rencontrées sur les chemins de la Vouivre...

 

Caïn est-il le meurtrier d’ ?bel ?

La Transcendance n’a que faire des moutons égorgés en offrande ! Yhwh parle au seul Caïn qui se tourne vers lui pour lui signifier que son essence, son offrande ne peut être de simples fruits et légumes !
Dieu, dit la légende biblique, accepte l’offrande d’Abel et non celle de Caïn !
L’ancêtre de l’humain actuel est-il véritablement Caïn ?
« Cependant, Adam, l’Homme universel, connut H‘eva, l’existence élémentaire, comme sa faculté volitive efficiente ; et elle conçut, et elle enfanta Kaîn, le fort et le puissant transformateur, celui qui centralise, saisit et assimile à soi ; et elle dit : j’ai formé, selon ma nature, un principe intellectuel de l’essence même, et semblable à IHÔAH.[1] » En clair, « Aishah enfanta Kaîn (le fort, le puissant ; celui qui tire au centre, qui saisit, qui agglomère, qui assimile à soi)[2] ».
« … Or, c’était pendant qu’ils étaient ensemble dans la Nature productrice, que Kaîn, le violent centralisateur, s’éleva avec véhémence contre Habel son frère, le doux et pacifique libérateur, l’accabla de ses forces, et l’immola.[3] »
 
Carlo Suarès n’a pas la même conception de la violence de Caïn que Fabre d’Olivet !
« Caïn dit à son frère ?bel … “Et c’est quand ils sont au champ,
Caïn se lève contre, son frère, et le tue.[4] »
Pris à la lettre par l’exotérisme, Caïn est l’assassin de son frère et l’on peut alors considérer que tous les assassins, depuis la création du 4ème règne, le règne humain, sont des descendants de Caïn !
 « Ihvh Adonaï dit à Caïn : “Où est ton frère ?bel ?”
Il dit : “Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?”
Il dit : “Qu’as-tu fait ?
La voix des sangs de ton frère crie vers moi de la glèbe.
Maintenant tu es honni plus que la glèbe dont la bouche a béé
pour prendre les sangs de ton frère dans ta main.
Oui, tu serviras la glèbe : elle n’ajoutera pas à ta force.
Tu seras sur la terre mouvant, errant.”[5] »
Une première interprétation pourrait être : Là, Caïn tient tête à Yhwh qui le condamne lourdement à servir la glèbe et à l’errance. Il ose encore mentir à Yahvé ! Sa condamnation est sans appel et, à travers lui, la condamnation de tout meurtrier. La Terre sera sauvée lorsque les Terriens auront mis fin à l’hérédité de Caïn.
« Caïn dit à Yhwh Adonaï : “Mon tort est trop grand pour être porté.
Voici aujourd’hui que tu m’as expulsé sur les faces de la glèbe.
Je me voilerai face à toi. Je serai errant, mouvant sur la terre :
et c’est qui me trouveras me tuera.”
Ihvh Adonaï lui dit : “Ainsi tout tueur de Caïn subiras sept fois vengeance.”
Ihhvh Adonaï met un signe sur Caïn,
pour tous ceux qui le trouvent ne le frappent pas.[6] »
Au terme de ce dialogue, ce que Yahvé condamne, c’est le meurtre, y compris le meurtre du meurtrier ! La faute de qui tuerait Caïn serait encore plus grande que celle de Caïn ! Sept fois pire encore !!!
Pourquoi Yahvé marque-t-il Caïn d’un signe ? Mais pour qu’il vive, se repente et revienne, comme le fit Adam, dans l’obéissance à son Créateur !
Abolir la peine de mort permet l’expiation de la faute, le repentir, le rachat…
Platon le Karuna, dans tous ses Enseignements, insiste sur la nécessité de mettre fin à ce cercle vicieux, à l’hérédité de Caïn que la quasi totalité des humains portent dans leurs gènes, dans leur mémoire cellulaire, dans leur mémoire ancestrale : « Tu ne tueras pas », « Rien n’est jamais à tuer, pas même l’ego » ! On ne peut jamais faire le bien en utilisant les moyens du mal[7].
Un discernement important est à opérer !« Ne confondez pas Lucifer et Satan. Lucifer, c'est "Lux", la lumière. Satan, l'on peut dire que c'est l'aspect dégénéré de Lucifer. (...) Alors, après, on vous dira : "Satan, mauvais esprit...", mais ce n'est pas autre chose que votre mauvais esprit (=esprit en erreur), c'est votre ombre, et l'ombre karmique du "monde ersatz" parasitaire, qui a été créé[8]. »
Justifier le meurtre d’Abel par Caïn, serait alors justifier tous les crimes actuels, tous les assassinats qui plongent la Terre dans l’enfer. C’est, inconsciemment peut-être, se laisser phagocyter par les Forces Noires, les Suppôts de Satan qui sont les « Lucifers » dégénérés responsables de l’anti-création actuelle. Nous captons inconsciemment des égrégores, des formes-pensées malsaines. Il est très difficile de discerner l’Imagination vraie (le monde Imaginal tel que le décrit Henry Corbin) de l’imagination fantasmatique qui mêle quelques affirmations justes à d’autres complètement erronées.
 
La toute autre interprétation
du Kabbaliste Carlo Suarès :

Caïn est l’ « assassin » de la vanité humaine.

http://la-kabbale-du-goi.over-blog.com/article-carlo-suares-95900214.html
 
Carlo Suarès, dans Le Mythe Judéo-Chrétien[9], écrit le décryptage que permet la connaissance de la Kabbale, voire de la Kabbale des Kabbale de Carlo Suarès.
« Caïn est de Yhwh. Abel est l’aspect charnel, mortel de l’homme universel, Caïn est son aspect spirituel, éternel… Caïn n’est pas un homme en chair, c’est une « valeur », une conjonction virtuelle de l’homme et de son essence. Le texte en accumule les preuves. Puis Caïn s’éloigna de devant Ywhw, et il habita dans le pays de Nod, à l’Orient de l’Eden[10]. Or, on avait pris la peine de nous dire qu’à l’orient du jardin d’Eden, Yhwh-Elohim avait mis les chérubins et la flamme de l’épée tournoyante pour garder le chemin de l’arbre de vie. C’est là que va Caïn, Caïn préfiguration du fils de Dieu… (et) l’équation pose que Caïn assassinera indéfiniment Abel tant que celui-ci ne résoudra pas son contraire. En termes psychologiques le complexe Caïn et le complexe Abel sont deux polarisations, deux fonctions psychiques antinomiques irréductiblement ennemies. A chacun de se situer par rapport à elles.»
Mais la Kabbale va bien au-delà du psychique !
« Pourquoi ces deux arbres ne pourraient en former qu’un ? Tout simplement parce que c’est une question de point de vue.
Si l’on s’en réfère à la Genèse, il est dit qu’après avoir mangé du fruit de l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, Adam et Eve eurent les yeux « dessillés » et prirent conscience de leur nudité[11].
Dès lors, Adam et Eve ont une conscience séparative, une « conscience de » qui leur permet de se voir extérieurement, alors qu’ils étaient « Un » dans deux corps. Ils se voient dans leur différenciation sexuelle et ils se couvrent. Mais dans le même temps qu’ils prennent conscience l’un de l’autre et savent qu’ils sont différents dans leur apparence physique, ils perdent leur conscience intérieure qui les reliait à Tout et donc à Dieu, et c’est à partir de ce moment -là que leur point de vue change, et leur positionnement ayant changé au regard de Dieu, celui-ci leur pose la question : “Où es-tu ?[12]” [13]»
Dans la déviation !
« “Il n'y a ni Bien ni Mal si l'Energie Première suit son cours Naturel. Déviée de ce cours, le Mal se crée de cette déviation, et à lui (au Mal), s'oppose son contraire, l'Energie dite "de Bien", comme une grâce Divine.[14]
Cette question à elle seule indique la perte du Lien qui s’est effectuée par l’intermédiaire du Serpent tentateur. Mais ce serpent en tant que Lucifer “donnait à l’homme la possibilité de devenir conscient intérieurement et extérieurement, donc dans la totalité de son pouvoir extérieur et d’assumer cette Force Divine[15]”.[16] »
Les humains sont essentiellement des êtres psychiques et si le bien ne sert pas de tremplin au juste, il se dégrade inévitablement en mal. Caïn est-il passé du psychologique au Réel ? Auquel cas, il laisserait les Abel trouver leur chemin par eux-mêmes, sans rien dire à qui ne lui demande rien ! Le Réel est vu par l’humain comme irréel et ce qu’il croit irréel est la Réalité !
Une correspondante à qui nous devons les références du Mythe Judéo-Chrétien de Carlo Suarès écrit :
« Voilà pourquoi Caïn n’a jamais été un véritable assassin, pas plus que l’immanence Yahvé (ou son équation 10-5-6-5 correspondant aux lettres Yod-Hé-Waw-Hé) n’a jamais été ce dieu sanguinaire que l’on se figure lorsqu’on lit l’Ancien Testament “au pied de la lettre”. Mais je sais à quel point il est difficile de briser le conditionnement mental que l’on subit depuis notre plus tendre enfance… Jusqu’à ce que Carlo Suarès m’offre la “clé” du mythe qu’il m’a suffi d’utiliser pour découvrir une toute autre histoire ![17] »
Oui, nous avons bien là une toute autre histoire ! Les transcripteurs du texte de « Entête », connaissant la Kabbale qu’ils utilisaient, savaient néanmoins que le sens littéral serait pris par le plus grand nombre. Et l’on glose depuis des millénaires sur des incompréhensions réciproques évidentes.
Dans Je suis Caïn[18], Carlo Suarès justifie cette affirmation audacieuse !
En Hébreu, chaque authiot est porteur d’une énergie particulière. L’énergie du Caïn est de Yahvé, celle de Aleph ; l’énergie d’Abel de l’homme déchu qui continue d’égorger des moutons pour plaire à son idole, celle de Beith !
« Aleph est l'énergie intemporelle, impensable, éternelle, ou explosive (ou tout autre mot que l'on souhaite utiliser pour ce qui échappe à tous les concepts mentaux) et Beith (ou Veith) étant tout réceptacle sous n'importe quelle forme, vibratoire, ondulatoire, rayonnante, etc. Ce postulat signifie - si je peux utiliser une série de mots commodes mais désuets et insuffisants — que tout ce qui est, en quelque royaume, est à la fois “esprit” et “matière”, ou qu'il n'y a pas d'énergie explosive sans compression de celle-ci, et réciproquement aucune directive structurante sans une autre opposée de désintégration. Ainsi, tout ce qui est se trouve examiné par le Sepher Yetsira en termes de deux coordonnées : Aleph et Beith. Là où Beith règne puissamment, comme dans un morceau de fer, Aleph est désespérément en servitude ; il ne peut être actif.
Dans la biosphère, Aleph agit ; dans l'émanation mentale exaltée d'un homme devenu parfait, Aleph opère à travers le temps et l'espace au moyen de médias subtils qui échappent à la perception. Ainsi le couple Aleph et Beith existe en différentes gammes, de l'inerte à la très active. Si d’aventure quelqu’un pouvait faire en sorte qu’en soi-même il rende Aleph vivant et les Beiths vivants, il serait en mesure de communier avec Aleph et avec les Beths quels qu'ils soient, partout où ils sont et donc avec tout ce qui est. Aleph-vie serait Aleph-Hé ha. (h = 5) est le signe de la vie. [19] »
Cela est magnifique ! Ainsi Caïn-Aleph est vu alors comme l’Humain Parfait, et Abel- Beith comme l’Homme Parfait en devenir, qui adore une idole à qui il sacrifie des moutons. Et CaÏn, l’énergie intemporelle, assassine en Abel, l’idolâtre, celui qui adore la contre-nature, le veau d’or…
Ramana Maharshi, à une personne qui lui parlait des assassins, répondit : « ne vous en occupez pas, chacun de nous assassine Dieu en lui[20] » !
Dieu, c’est la Vie… Caïn est alors le Connaissant qui « tue », qui met à mort, la contre-nature, la vanité, du disciple.

[1] - La Langue hébraïque restituée, op. cit., Genèse IV v. 1, p. 321.
[2] - Ibidem.
[3] - Idem, v. 8, p. 321-322.
[4] -- La Bible, op. cit., 4, 8.
[5] -- Ibidem, 4, 9-12.
[6] - Id., 4, 13-16.
[8] - Le Secret de la Roche aux 9 marches, op. cit. p. 144.
[9] - Carlo Suarès, Le Mythe Judéo-Chrétien – d’après la Genèse et les évangiles selon Matthieu et Jean,éditions Arma Artis.
[10] - La Bible, traduction André Chouraqui, 4, 16.
[11] - Ibidem, 3, 6.
[12] - Idem, 9.
[13] - Kinthia Appavou, « La Gnose et l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal », article paru dans : http://vivrevouivre.over-blog.com/article-l-arbre-de-la-connaissance-du-bien-et-du-mal-60761529.html
[14] - Platon le Karuna, Le Mal, l'Innocence, la Connaissance, Editions de la Promesse, p. 77.
[15] - Le Secret de la Roche aux 9 marches, op. cit., p. 143.
[16] - « La Gnose et l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal », op. cit.
[17] - Magali C., correspondance en date du 20 juillet 2014.
[18] - Première publication dans Maitreya 3 – 1972, Caïn  N y q, 700 10 100
[19] - Je suis, Caïn, op.cit.
[20] - Ramana Maharshi, L’Evangile de Ramana Maharshi Le Courrier du Livre, 1970.
 



 
 
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