Physique et Métaphysique :  

Contes, légendes et poèmes soufis.

Symbolisme des images rencontrées sur les chemins de la Vouivre...

 

Le mythe de l'Annonciation
 
faite à la Vierge Marie (Mariam),
 
Mère de Jésus (Iéshoua‘) :

 ses sources dans

le christianisme et dans l'islam


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1 Sources dans le chritianisme :

 
  
 
                                                                       
                                                                         L'Annonciation. Boticelli
  
 
Le fait même de la naissance de Jésus (‘Issa pour les musulmans) n’est pas historiquement établi. Le pape Benoît XVI, dans son troisième livre consacré à la vie de Jésus, estime que le moine Dionysius Exiguus, aussi connu sous le nom de Denys le Petit (environ 470 - environ 540) chargé de concevoir une méthode pour déterminer la date de Pâques « s'est à l'évidence trompé de quelques années dans ses calculs » en estimant au VIème siècle le début de l'ère chrétienne. D'après un calcul lié à l'astronome Kepler, le Christ serait né 6 ou 7 années plus tôt. À en croire les « tables chronologiques chinoises », la différence ne serait que de 4 années selon le pape.
La virginité de Marie est reconnue à la fois par le Christianisme et par l’Islam. Nous sommes donc justifié de parler d’un mythe, d’autant que nombre de mythes véhiculent des énergies plus puissantes que beaucoup de faits historiques. Ceux-ci s’inscrivent dans la linéarité du temps et sont ainsi limités, alors qu’un mythe transcende le temps et l’espace géographique où il a pris naissance pour devenir universel.

 
 

L’Annonciation
dans les Evangiles canoniques

 
La visite de l’ange Gabriel à Marie eut lieu à Nazareth qui est une petite bourgade de Galilée selon Luc I, le seul Evangéliste à rapporter l’événement :
26 « Au sixième mois, le messager Gabriel est envoyé par Elohîm
dans une ville de Galil nommée Nasèrèt,
vers une nubile fiancée à un homme.
Son nom : Iosseph, de la maison de David. Nom de la nubile : Miriâm (…)
 
30 Le messager entre près d’elle et lui dit :
Oui, tu as trouvé chérissement auprès d’Elohîm.
Voici, tu concevras dans ta matrice et enfanteras un fils.
32 Tu crieras son nom : Iéshoua (...)
 
34 Miriâm dit au messager : “Comment cela peut-il être,
puisque aucun homme ne m’a pénétrée ?”
 
35 Le messager répond et lui dit :
“Le souffle sacré viendra sur toi, la puissance du suprême t’adombrera.
Ainsi celui qui naîtra de toi, sacré, sera appelé Bèn Elohîm.”
 
L’ange lui annonce alors la naissance d’un fils chez ?lishèba’ sa parente.
38 Miriâm dit : “Voici la servante de IHVH.
Qu’il en soit pour moi selon ta parole” (…)
Mariâm se rend alors chez ?lishèba’ qui attend la naissance de Jean-Baptiste (Yahia dans l’Islam). C’est alors qu’elle chante le Magnificat :
« Mon être exalte IHVH ;
mon souffle exalte pour Elohîm, mon sauveur (…)

 
51 il fait des prouesses de son bras ;
il disperse les orgueilleux aux préméditations de leur cœur.
Il fait descendre les puissants des trônes, mais relève les humbles.
Il remplit de biens les affamés ; et les riches, il les renvoie, vides. » (Luc 1, 46-53)
Ce chant déploie une énergie si scandaleuse que Charles Maurras parlait de son venin ! Si scandaleuse est cette exultation que « de nombreux dictateurs sud-américains [l’]interdirent dans les églises.[1] »
Matthieu rapporte d’abord la généalogie de Iéshoua, messie, bèn David bèn Abrahâm, qui commence son Evangile. Puis il précise que Mirîam sa mère était fiancée à Iosseph qui reçoit la visite de l’ange :
20 “Dans cette perplexité, voici
un messager de IHVH lui apparaît en rêve et dit :
Iosseph bèn David, ne frémis pas de prendre avec toi Mirîam, ta femme.
Oui, ce qui s’enfante en elle est du souffle sacré (…)”
 
25 Il ne la pénètre pas jusqu’à ce qu’elle ait enfanté un fils (…)
 
Marc débute son Evangile par les paroles de Jean-Baptiste (Iohanân) qui proclame l’arrivée du Messie, mais il ne parle ni de Mirîam, ni de Iosseph, ni de l’enfance du Christ.
Jean (Iohanân) est encore plus concis :
 
1 Entête, lui, le logos et le logos est pour Elohîm,
et le logos est Elohîm, il est entête pour Elohîm (...)

14 Le logos est devenu chair. Il a planté sa tente parmi nous.
 « Les Evangélistes ayant trouvé dans la Bible juive ou dans l'Ancien Testament (Juges XIII, 5-7 ; 1 Samuel I, 11 ; etc. ), la définition du “Nazaréen”, ils imaginèrent une ville qui n'existait pas. Et ils l'appelèrent Nazareth. C'est donc à Nazareth, suivant nos Evangiles, que le mythique Jésus né à Bethléem, a vécu jusqu'à son baptême dans le Jourdain avant sa vie publique. Or Nazaréen signifie “consacré au Seigneur”[2]. »
 

[1] - Odon Vallet, L’Evangile des païens, Albin Michel, 2003, p. 22.
[2] Citation sur http://aipl.free.fr/livres/jesusmythe.htm/
 
 

2 L’Annonciation dans le Coran

 
 
C’est entre 610 et 632 que le prophète Mahomet transmet à ses premiers compagnons les sourates du Coran, et l’une des plus belles, la sourate 19, Marie-Maryam, de 98 versets, qui aurait été donnée à la Mecque selon la tradition. Elle évoque la conception miraculeuse de son fils ‘Issa, survenue sans l’intervention d’un homme et annoncée par l’ange Gabriel. Maryam est le seul nom propre féminin utilisé dans le Coran.


16 Commémore Maryam
     dans l’Ecrit,
     quand elle se retire dans sa tente,
     en lieu de Orient.
 
17 Elle prend à l’écart d’eux, un voile.
     Nous lui envoyons un souffle.
     Celui-ci devient un être charnel accompli, harmonieux.
 
18 Elle dit : « Je me réfugie dans le Matriciant,
     contre toi, si tu frémis. »
 
19 Il dit : «  Je ne suis que l’Envoyé de ton Rabb
     venu t’offrir un garçon, un pur. »
 
20 Elle dit : « Comment un garçon naîtrait de moi ?
     Jamais être charnel ne m’a touchée,
     et je ne suis pas impudique. »

 
21 Il dit : « C’est ainsi. »
Ton Rabb dit : « C’est pour moi facile.
     Nous en faisons un Signe, pour moi
     et pour les humains, par grâce de Nous.
     L’ordre est donné. »
 
22 Elle le conçoit et se retire
     avec lui en un lieu éloigné.[1]
 
Sa famille est scandalisée par cette naissance, mais un miracle intervient :


27 Elle vient avec ‘Issa,
     devant son peuple en le portant.
     Ils disent : “Ô Maryam,
     Tu viens avec une affaire surprenante.”
 
29 Elle lui fait signe. Ils disent :
“Comment parlerions-nous à un bébé au berceau !
Je suis un serviteur d’Allah !
Il m’a donné l’Écrit :
Il fait de moi un inspiré !…”

 
 
30 ‘Issa dit alors : Me voici,
 
Dans le Coran, le père de Maryam est appelé ‘Imrân et non Joachim comme dans les Evangiles. Cependant l’historien Ibn Khaldon (+ 1406) le nomme Youakime[2].
 
Dans la sourate 3, La gent de ‘Imrân -Al ‘Imrân, de 200 versets, qui aurait été révélée à Médine, Maryam est dite la fille de ‘Imrân qui est ‘Amrân, le petit fils de Lévi, le père de Moïse et de Aaron. (Ex. 6, 18). La sourate souligne l’homonymie entre Myriam, leur sœur et de Maryam, mère de ‘Issa. ‘Imrân est ainsi désigné comme l’ancêtre de David et de Jésus. Le nom de sa mère n’est pas mentionné mais certains auteurs musulmans la nomment Hannah, signifiant « la tendresse » en arabe.
A sa naissance Maryam est consacrée par sa mère au Seigneur :


33 Quand la femme de ‘Imrân dit :
     « Rabb, je te voue
     celui qui est en mon ventre, à Toi consacré.
     Accepte-le de moi.
     Te voici, toi, l’entendeur, le savant ! »
 
La tradition musulmane précise que le père de Yahyâ, Zacharie, prit en charge Maryam à la mort de son père ‘Imran[3].
A sa naissance, selon la tradition musulmane, Maryam ne fut pas touchée par Ibliss-Satan, au contraire de tous les autres humains descendant d’Adam. Elle fut préservée de toute souillure[4]. Elle est ainsi préservé du " péché originel " commis par Adam et Eve selon la Bible.
Les privilèges de Maryam et de son fils ‘Issa ont toujours été maintenus par l’orthodoxie musulmane lorsqu’ils ont fait l’objet d’attaques. Par contre, le Coran ne cite jamais Joseph ; seuls les commentaires parlent de lui et de sa proximité avec elle.

 

[1] - Les traductions des sourates du Coran citées proviennent de la traduction d’André Chouraqui dans Le Coran. L’Appel, Robert Laffont, 1990.
[2] - Jean Sadaka, MARIE dans le Coran et l’Islam – Maryam Dame du palmier et du désert, ABM éditions, 2010, p. 18.
[3] - Al-Tabari, Tafsir, III, 14 et Al-Alouçi, III, 118, cité par Jean Sadaka, MARIE dans le Coran et l’Islam – Maryam Dame du palmier et du désert, ABM éditions, 2010, p. 19.
[4] - Selon un hadith rapporté par Boukhari et Coran, 3, 36.
 
 Sourate


3 La Vierge Marie-Maryam-Mirîam,
 
vénérée par les chrétiens et les musulmans
 
lors de nombreux pèlerinages,
 
l’une des représentations

de la Mère Universelle

 
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La signification du nom de la Vierge

 

Par le jeu des traductions, Miriâm (Mariam) est devenue, en latin, Maria, le pluriel de mare, la mer !
Mariam (Marie), comme ‘Iéshoua‘, sont des prénoms très répandus en Israël à cette époque. Dans le Nouveau Testament sont citées Mariam, la sœur de Moïse et d’Aaron, Mirîam de Magdala, Mirîam femme de Clôpas (Jean, 19, 25), Mariam de Beit-Anya la sœur de Marthe, Mariam mère de Jacques (Mat. 27, 56),
La racine égyptienne m.r.i signifierait aimer et Mariam la fille aînée. « Mais selon les racines sémitiques, Mariam signifierait (…) la rebelle, la belle, la voyante, la pieuse (…) la dame, la princesse, l’aimée de Dieu, la fidèle, la dévote, la véridique (siddika)…[1] »Miriam serait, dans l’Islam, « celle qui élève », la pieuse, l’adoratrice purifiée par Lui et pour Lui, la servante.
Les musulmans l’appellent en arabe « Notre Dame Mariâm »
Tierno Bokar, musulman, le saint François d’Assise de Bandiagara dont Hamadou Hampâté Bâ fut l’élève[2], appelait Marie, « en langue peule : Rannga nyaayre Allaah, soit : “Matrice du bijou divin”.[3] »
 

 
Le culte, les lieux de pèlerinage
et d’apparitions


 
En astrologie, la constellation de la Vierge paraît à l’est en mars ; elle s’élève au sud d’avril à juin pour redescendre vers l’ouest de juillet à septembre. Le soleil est dans le signe de la Vierge du 23 août au 23 septembre. « Les fêtes mariales les plus importantes  se situent effectivement dans le parcours de la constellation autour des quatre points cardinaux : le 25 mars, le mois de mai, mois de la Vierge (mois dédié à la nature), le 15 août (Assomption) et le 8 septembre (nativité de la Vierge). Ces fêtes sont également vénérées par les musulmans.[4] »
Le concile d’Ephèse, en 431, lui donne le titre de Theotokos, la « Mère de Dieu ». Si les églises orthodoxes et orientales partagent ce point de vue, il n’en est pas de même des protestants.
Lorsque Mahomet, en 630, détruisit les images des idoles, il étreignît l’icône de « La Vierge intercesseuse », « La dame de l’Apparition », Mariam tenant l’enfant Jésus, en disant « Effacez toutes les peintures, exceptée celle que protègent mes mains[5] ». Nombreuses sont les miniatures mariales dessinées par des musulmans[6].
Jésus est reconnu comme prophète par le Coran. Mais aussi, « Jésus est appelé dans le Coran : El masîh ‘Isa ibn Maryam : “Le Messie, Jésus, fils de Marie”[7] ». Ibn-Hâzm (XIe s.), Ibn’Arabi et Al-Qurtubi (XIIIe s.) considèrent Mariam comme une prophétesse ; d’autres théologiens ne lui accordent que la sainteté et de l’intimité avec Dieu, la dignité de « Waliya »[8].
A la mosquée al-Aqsa de Jérusalem, il y aura une pierre appelée « le lit de ‘Issa » ; Mariam aurait déposé là son fils lorsqu’elle vint le présenter au Temple. La tombe de Miriam se trouverait dans une église sous-terre que les pèlerins musulmans visitent. En Syrie, au cours de sa fuite en Egypte, la sainte famille se serait abritée dans une caverne, aux environs de Dams, à Rabwa. Dans ce pays se trouve le sanctuaire al Walia ( la sainte) dédié à la Vierge [9].Marie - Maryam -, mère du prophète Jésus - ‘Isâ -, est donc vénérée partout par les musulmans, et spécialement à Éphèse dans ce sanctuaire exceptionnel qu’est La Maison de la Vierge (Meryem Ana Evy), visitée tous les ans par plus de deux cent mille musulmans et cent mille chrétiens. Elle l’est aussi dans des sanctuaires comme Lourdes et Fatima où l’on rencontre effectivement des pèlerins musulmans.[10]
Rûmi parle de « la Vierge Mariam qui a enfanté le cœur personnifié par ‘Issa. Al-Bhaqli (= 1209) écrit : “… la substance de Mariam est la substance même de la sainteté originelle… Son âme conçut par le souffle du mystère caché. Elle devint porteuse de la Parole la plus haute et de la lumière de l’Esprit le plus
Selon la Tradition, le prophète Mohammed aurait même donné la première place à Maryam : « La Dame (sayyida) des femmes des mondes, c’est Maryam. »
 élevé…” »[11].
Après la prise de Constantinople, en 1453, lorsque les Turcs transformèrent la cathédrale Sainte-Sophie en mosquée Aja Sofia, ils conservèrent la fresque représentant Mariam et son enfant.
Si l’image de la crèche de Noël est due à François d’Assise qui en fit le modèle de la Famille Humaine, le culte de la Vierge Marie prit son expansion grâce à saint Bernard, au XIIe siècle. 
Mariam est très respectée en Iran où elle est donnée en modèle pour l’éducation des jeunes filles. A Saidanaya, Bass et Tartouss, à proximité de Damas, la Vierge est très honorée le jour de la Nativité, chaque 8 septembre, à cause de miracles survenus jadis. De même N-D de Harissa, au Liban où les femmes musulmanes viennent du Golfe et d’Iran. Dans ce pays, elle est la Dame des Druzzes, et dans la Béqaa, elle est honorée également par les chiites.[12]
Fête chrétienne depuis le Moyen Âge, la Conception immaculée de Marie devient un dogme le 8 décembre 1854 lorsque Pie IX le proclame solennellement, dans sa bulle Ineffabilis Deus, en vertu de son autorité apostolique : la bienheureuse Vierge Marie a été exempte du péché originel alors que l’Islam ne reconnaît pas ce péché.
Entre le 11 février et le 16 juillet 1858, Bernadette Soubirous affirmera avoir été témoin, dans la petite grotte de Massabielle à Lourdes, de l’apparition de la Dame déclarant en occitan gascon : « Que sòi era Immaculada concepcion ». »

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Bernadette devant la grotte de Massabielle.
Gravure de Charles Mercereau.


 

 

Les lieux d’apparition de la Vierge en Europe et dans le monde sont très nombreux : 17 apparitions mariales sont reconnues par Rome, dans 9 pays différents. Pour l’une d’elles, en choisissant la petite bourgade de Fâtima au Portugal, nom dû à l’occupation maure, la Vierge a fait un grand pas dans le rapprochement chrétien-musulman. Fâtima est le nom de la fille préférée de Mahomet et les musulmans sont venus nombreux sur le lieu de cette apparition, à la surprise de nombre de chrétiens qui ignorent beaucoup l’Islam dans ses racines.

 
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Dans certains lieux se produisent donc des phénomènes qui paraissent extraordinaires comme les apparitions dites de la « Vierge ». Là, en général, des gens simples, paysannes, bergères, enfants surtout, sont les témoins privilégiés, et reçoivent des Enseignements, des Messages à transmettre.
En ces points particuliers de la Terre, la rencontre des courants telluriques et cosmiques se produit avec une force et une intensité telles, à certains moments, ou à certaines heures, qu'elle donne lieu à des phénomènes lumineux intenses qui peuvent être visualisés et photographiés. À partir de cette observation, le mental humain interprète. Ainsi, certains ont vu « la Dame », la « Vierge Marie », le Christ, la « soucoupe volante », l'OVNI... Dans d'autres temps et en d'autres lieux, les interprétations seraient encore différentes.
Par exemple, à San Damiano, en Italie, en 1962, ont eu lieu des « apparitions ». Certains ont vu des « cercles lumineux » qui montrent, disent-ils, que les âmes du purgatoire pour lesquelles on prie ont été délivrées. D'autres ont vu des « boules d'énergie », d'autres encore la « Vierge Marie ». Beaucoup ne voient rien. Les photographies mettent en évidence des phénomènes lumineux. Mais l'essentiel reste qu'à cet endroit précis, il s’est passé quelque chose. Ces lieux aimantent les foules qui, ainsi attirées, reçoivent l'énergie. Certaines personnes en reviennent guéries ou transformées.
Quel que soit le contenu du message ou l'apparition en elle-même, l'énergie fait son œuvre en se manifestant à l'humain dans des endroits spécifiques.
 


Marie-Maryam, Mère Universelle

 

Un hâdith du Prophète appelle Maryam : « La Dame au-dessus des femmes de l’univers ».
Cheikh Hani Fahs précise : « Ô Marie, certes Allah t’a élue, t’a purifiée. Il t’a élue au-dessus de toutes les Femmes de l’univers…[13] »
Préservée d’Iblis, elle est pour les musulmans «  la dame des femmes du paradis », avant même Fâtima, la fille préférée du Prophète, au dire d’un hâdith.
La maison de Marie, Meryemana, où aurait eu lieu son Assomption, a été découverte par les archéologues à Ephèse en Turquie. Et Marie prend la suite de la déesse antique Artémis-Cybèle[14]… 
La Mère Universelle a été adorée sous les noms d'Atoum, Astarté, Nammu, Maat, Isthar, Tanit, Cybèle, Dana, Koridwen, Brigitt, Belisama,... et tant d'autres noms chez tous les peuples de la Terre, lui donnant le plus souvent l'apparence féminine. Marie est actuellement celle dont le culte est très répandu.
La virginité qui lui est attribuée est nouvelle ; celle-ci était déjà honorée dans l’Antiquité grecque.
« Mais dans la Grèce païenne, les vierges étaient vénérées, telle Athéna, la déesse du Parthénon, mot signifiant “vierge” et choisi par Luc pour désigner Marie. Le culte chrétien des vierges, souvent martyrisées, eut pour double origine les vierges protectrices des cités (Arhéna, Diane, Artémis, etc.) et la vierge protectrice des chrétiens.[15] »
La légende veut que les druides de Longpont-sur-Orge (Essonne), ancien lieu de culte à Isis, se soient convertis à la prédication de saint Denis et de ses disciples car ils attendaient "la vierge qui doit enfanter".
Il est à remarquer que les humains ont longtemps cru que la femme n’était que le réceptacle de la semence de l’homme. Or l’ovule fécondé par le spermatozoïde joue pour moitié dans la multiplication des cellules de l’embryon. Mais… tout est possible à la puissance divine.
 
Le Jésus des Evangiles comme la Vierge Marie n’ont jamais existé en tant que tels. Le mythe, construit après coup sur des souvenirs et des impressions, pour aussi extraordinaires qu’ils soient, repose sur des bases fragiles tant la réalité parfois dépasse la fiction :
« Avons-nous assez dit que tout ce qui se produit dans le temps linéaire que l’on appelle l'histoire et dans l'espace que fabriquent nos consciences limitées à trois dimensions n'est que la projection rêvée par nos consciences de phénomènes qui dépassent notre continuum ? Alors, que le personnage Jésus ait existé ou non, est-ce vraiment important ? En vérité, l'Intemporel ne peut avoir aucune durée dans notre durée. Il apparaît tel l'éclair qui n’emprunte que le temps de foudroyer.[16] »
Il n’en est pas moins vrai que nombreux sont les humains qui partagent la croyance en la réalité physique du mythe.


[1] MARIE dans le coran et l’Islam…, op. cit., p. 23.
[2] Voir : Hamadou Hampâté Bâ, Vie et enseignement de Tierno Bokar. Le sage de Bandiagara,  Seuil, 1990.
[3] Jésus vu par un musulman, op. cit., p. 22. Voir, dans ce livre, l’arithmologie développée par l’auteur à propos  de ce nom.
[4] MARIE dans le Coran et l’Islam…, op. cit., p. 58.
[5] Frère Jean Portal (Maison des frères maristes), Marie et l’Islam, Varennes-sur-Allier, p. 11.
[6] MARIE dans le Coran et l’Islam, op. cit., p. 70.
[7] Ibidem., p. 47.
[8] MARIE dans le Coran et l’Islam…, op. cit.,, p. 54.
[9] Id., p. 59.
[11] Id., p. 52.
[12] Id, p. 66-67.
[13] Ibidem, p. 15.
[15] Odon Vallet, L’Evangile des païens, Albin Michel, 2006, p. 20.
[16] Carlo Suarès, Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, R. Laffont, p. 51.




 
Ascension_of_the_virgin_Michel_Sittow.jpg
 
L'Assomption de la Vierge peinte par Michel Sittow, vers 1500.
 




 



 
 
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